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Gilbert
Durand distingue quatre structures mystiques de l'image
:
1)
Une structure où prédominent les images
de viscosité, d'adhésivité,
de glu ; où les verbes du type "rattacher,
attacher, souder, lier, rapprocher
12"
jouent à plein.
2) Une structure caractérisée par
"un refus de sortir des images familières
et douillettes 13",
où planent les idées de fidélité,
de persévérance, de double négation.
3) Une structure qui "se révèle
dans le trajet imaginaire qui descend dans l'intimité
des objets et des êtres 14."
4) Puis pour finir, une structure dont les individus
qui la caractérise sont généralement
des "minutieux", des "méticuleux"
vivant dans la crainte permanente "de laisser
échapper un détail" 15
.
Il
importe de souligner que cette classification est le
fruit d'une démarche purement empirique. Elle
est intuitive et ne procède d'aucun système
général cohérent.
Voyons,
à présent, la façon dont il est
possible de déduire les particularités
de ces structures mystiques à partir de notre
hypothèse des ligarèmes. Prenons
un cas extrême, et ce afin de mieux faire toucher
du doigt la réalité du pouvoir extraordinairement
ligatif de certains signes. Supposons, en effet,
que X soit le membre d'une secte fondamentaliste coupée
du monde extérieur, pour qui la Bible est l'incarnation
directe de la parole de Dieu sur terre, et le contenu
de l'énoncé : Dieu créa l'homme
à son image (Genèse I 27) l'équivalent
d'une vérité scientifique, c'est-à-dire
d'un concept opératoire susceptible de décrypter
le réel tel qu'il est. Supposons à présent
que par un quelconque hasard X se voit contraint de
franchir la porte d'un musée de la préhistoire,
et que de ce fait il se retrouve brusquement nez à
nez avec une panoplie de crânes mi-hommes mi-singes
dont on lui assure que ce sont là les vestiges
de ses ancêtres lointains.
Il
n'est pas indifférent de constater, avant de
poursuivre notre raisonnement, que dans un cas pareil,
si je me contente de la grille d'une analyse sémiotique
ou pragmatique classique, je n'ai aucun moyen de détecter
la force, pourtant insoutenable, qui irradie, à
ce moment précis, de ces crânes mi-hommes
mi-singes. Tandis que si je tiens compte de l'hypothèse
des ligarèmes, il apparaît du coup
évident, prévisible, que ces vestiges
du lointain passé de l'homme ne seront pas sans
inspirer en X "une frayeur pleine d'une horreur
interne qu'aucune chose créée, même
la plus menaçante et la plus puissante, ne peut
inspirer 16".
Pourquoi ? Tout simplement parce que si ces crânes
mi-hommes mi-singes "disent vrai", alors il
va falloir à X mettre en doute la véracité
du récit de la Genèse (Dieu
créa l'homme à son image). Or, comment
X pourra-t-il jamais mettre en doute ce qu'il considère
comme la parole de Dieu ? C'est-à-dire comme
la parole émanant de la position la plus haute
qui soit. La plus haute parmi les plus hautes, à
l'égard de laquelle tout homme n'est "que
cendre et poussière". Le mot Dieu,
en effet, du fait qu'il évoque le sème
(l'idée) "je suis plus élevé
que tout ce que l'esprit d'un humain peut imaginer",
s'avère naturellement doté du plus haut
degré de "ligaro-activité".
Le fait que les grandes religions présentent
généralement Dieu comme une entité
bienveillante envers les humains, ne change rien à
l'affaire : Dieu, même Très-Bon, ne cesse
pas pour autant d'être Très-Haut, Tout-Puissant.
Aussi, la moindre phrase du type : Dieu a dit Z,
au sein d'une communauté de croyants, peut prendre
des dimensions cosmiques. Car ce qu'elle suggère,
sur un plan relationnel, ce n'est rien moins que ceci
: "L'entité qui se trouve au point culminant
de l'axe inférieur/supérieur a dit Z.
C'est donc que Z a la valeur d'une parole éternelle,
intemporelle. C'est donc que contrevenir à Z
équivaut à se mettre en travers de la
plus haute instance qui soit
"
Aussi,
est-ce un hasard si gourous et manipulateurs, s'empressent
le plus souvent de mettre le mot Dieu à
toutes les sauces ? Est-ce un hasard, surtout, si la
figure de Dieu s'avère le frein le plus puissant
au changement. Comment, en effet, réformer une
parole divine sans déroger à son postulat
de base implicite : je suis, puisque d'origine divine,
une information absolument vraie, ici, maintenant et
pour l'éternité ?
A
ce stade des choses, pour en revenir à notre
cas, compte tenu de l'enjeu ici présent - la
mise en doute de la parole même de Dieu, c'est-à-dire
de l'entité vis-à-vis de laquelle tout
homme se doit d'adopter la position la plus basse qui
soit - , X n'aura donc d'autre choix que de repousser
farouchement le "performatif silencieux" ("Je
suis, il faut me croire, la preuve vivante d'une origine
animale de l'homme") irradiant du crâne de
l'Australopithecus afarensis ou de l'Homo
habilis ici exposés. Il n'aura d'autre choix,
à la manière des membres de la "Creation
Research Society 17",
que de "coller" comme une "glu"
"visqueuse" à son ancienne catégorisation
de l'univers, que de rester, vaille que vaille, "attaché,
soudé, lié" au verset 27 du chapitre
I de la Genèse : Dieu créa l'homme à
son image. En bref, il est à parier que l'imaginaire
de X se mette spontanément à produire
des représentations relevant de la première
structure mystique susmentionnée.
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Lien,
renversement et double négation
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Du coup,
il apparaît manifeste que les caractéristiques
de la deuxième structure mystique ci-dessus procèdent
elles aussi de ce réflexe naturel de repli face
à la chose nouvelle, c'est-à-dire face
à des images que sous-tend une catégorisation
de l'univers qui va à l'encontre, comme dirait
Piaget, de nos "accommodations antérieures" 18.
Et ce réflexe de repli sera, bien entendu, d'autant
plus brutal que la nouveauté sera fulgurante.
C'est ainsi que dans le cas de X, par exemple, le spectacle
du crâne d'un Homo rudolfensis ou de celui
d'un Homo erectus peut faire bien plus que provoquer
l'image mentale d'une créature à mi-chemin
entre l'homme et le singe. Il est à même
de déclencher une formidable réaction
en chaîne aux effets dévastateurs : si
ces crânes disent vrais, c'est donc que l'homme
descend effectivement d'un primate hominoïde, c'est
donc que l'univers est tout entier soumis aux lois du
hasard et de la nécessité, c'est donc
qu'il faille jeter au panier des oubliettes les belles
"images familières et douillettes"
du jardin d'Eden, d'Adam et Eve
Comment
s'étonner alors qu'en 1877, le pape Pie IX (1792-1878)
ait cru bon de dénoncer en publique la théorie
de l'évolution comme s'agissant d'une "aberration" 19 ?
Comment s'étonner si, aujourd'hui encore, certains
fondamentalistes se réclamant de la Bible disent
voir dans l'idée d'une origine animale de l'homme
une "niaiserie", une "affabulation",
"une perversion mortelle dans la mesure où
elle s'attaque à l'image même et à
la ressemblance de Dieu dans l'homme 20"
?
Aussi, pour que X puisse garder sa foi intacte, il lui
faut désormais redoubler d'ardeur. Il lui faut
dire non au monde extérieur, non à sa
négation d'une origine divine de l'homme (double
négation). Il lui faut opérer un "renversement
complet des valeurs 21",
c'est-à-dire s'opposer, tel un "petit poucet",
au "géant", à "l'ogre",
au rouleau compresseur de la science établie.
Bref, il y a de grandes chances pour que l'imaginaire
de X se mettent spontanément à produire,
cette fois, des représentations relevant de la
seconde structure mystique susmentionnée.
Notons
au passage que les gestes fondamentaux de la première
et de la seconde structure sont contradictoires, incompatibles.
Comment concilier, en effet, persévération
et renversement des valeurs, viscosité
et double négation ? Toutefois dès
lors que j'admets la nature ligative des images, dès
lors que j'admets qu'un lien est par essence conjonctif/disjonctif
(et inversement), c'est-à-dire qu'il faille pour
adhérer à une chose rompre inévitablement
avec une autre chose, il n'y a plus de contradiction.
D'un côté la disposition mystique
est effectivement comme le fait remarquer Durand "adaptatrice
pure, collant à l'ambiance, participant à
l'environnement avec un maximum de viscosité 22",
et ce en raison de la fidélité (conjonction)
vis-à-vis des "accommodations antérieures" ;
de l'autre il y a dans la structure mystique un "renversement
complet des valeurs : ce qui est inférieur prend
la place du supérieur, les premiers deviennent
les derniers, la puissance du poucet vient bafouer la
force du géant et de l'ogre 23",
et ce, tout simplement, en raison de la disjonction
vis-à-vis des représentations du "dehors"
dont le contenu infirme les données de ma catégorisation
intime.
Un mystique, au sens où Gilbert Durand
l'entend, n'est donc pas indemne de représentations
polémiques. Il ressort de notre étude
que la véritable différence entre un mystique
et un diaïrétique réside dans le
fait que l'un se disjoint des catégories extérieures
par excès de conjonction pour sa sphère
intime, tandis que le second se conjoint à l'inconnu
par excès de disjonction à l'égard
de ses représentations de souche. L'un "colle"
à sa sphère intime, l'autre la démolit.
Toutefois, l'un et l'autre se conjoignent et se disjoignent
en même temps, mais dans un ordre différent.
Aussi, ce n'est pas un hasard si ce grand dieu védique,
Varuna, dont ont dit qu'il est le "maître
des liens", soit décrit comme ayant le pouvoir
de lier et de délier à la fois 24.
Tout simplement, parce que adhésion et rupture
sont les deux faces d'une même pièce :
le lien. Quiconque se lie, en effet, au modèle
héliocentrique de Copernic se délie automatiquement
du modèle géocentrique de Ptolémée.
Quiconque adhère à la théorie atomique
se coupe de facto de la théorie des quatre éléments
d'Aristote. Il n'y a là rien d'archétypal,
il n'y a là que du relationnel.
Il est par ailleurs important de souligner qu'une double
négation n'est pas nécessairement l'indice
d'une structure mystique, comme Gilbert Durand le laisse
entendre. Tout dépend, une fois encore, contre
qui se dresse ma double négation. Si c'est contre
les représentations "extérieure",
alors effectivement ma double négation est la
marque d'une disposition mystique. Si c'est contre mes
propres "accommodations antérieures",
alors la double négation cesse d'être le
signe d'un comportement mystique (Nocturne) mais
au contraire celui d'une conduite éminemment
diaïrétique (Diurne). C'est le cas,
nous semble-t-il, de la secte gnostique des ophites,
Ier et IIe siècles, qui,
pour exprimer son total rejet de l'establishment religieux
et politique en place, ira jusqu'à magnifier
le Serpent du péché originel ; tel fut
encore le cas de la secte gnostique des sodomites, qui,
pour des raisons identiques, vouera une adoration particulière
à tous les damnés de l'Ancien Testament 25.
Et que dire, au Siècle des Lumières, du
processus de positivation de l'image, à l'origine
négative, de Faust 26 ?
Si ce n'est qu'il existe bel et bien des doubles négations
relevant du Régime Diurne.
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Lien,
"minutie" et frénésie du détail
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Un lien,
comme nous l'avons indiqué précédemment,
est la résultante de deux forces : l'une, horizontale,
déterminant la jonction (con-jonction ou dis-jonction)
; l'autre, verticale, la position (supérieure,
égale ou inférieure). Or, jonction et
position sont à ce point interdépendantes
que je ne puis toucher à l'une sans fatalement
déstabiliser l'autre. Que notre X, par exemple,
souscrive à l' "injonction" des
crânes préhistoriques ("L'Homme descend
d'un primate hominoïde") et aussitôt
le voilà accusé par les siens d'hérésie,
de traîtrise, de folie (position inférieure)
; et aussitôt le voilà excommunié
de sa congrégation (disjonction).
Un
négoce étonnant se trame, qui plus est,
entre la jonction et la position. Le jeu consiste à
sacrifier l'une pour obtenir l'autre. L'orgueilleux,
par exemple, délaisse la conjonction pour la
position. Tandis que l'importun, en revanche, espère
gagner en conjonction ce qu'il perd en se rabaissant.
En ce sens, la modalité "Cimenter le lien"
n'est pas sans supposer une sorte d'affaissement de
la position au profit de la conjonction. L'individu
à l'état "Cimenter le lien",
semble dire, dans un contexte donné, à
son entourage immédiat : "Je vous offre
ma soumission, je vous sacrifie ma position, en échange
je sollicite de vous (Dieu, famille, establishment
)
une conjonction sous forme d'amour, de protection, de
tranquillité
" D'où, à
notre avis, la prédisposition particulière
du mystique pour le sacrifice, tel que Gilbert Durand
l'entend : un acte dont "le sens fondamental [
]
[c'est] d'être un marché, un gage, un troc 27".
Un troc qui plonge, bien évidemment, ses racines
moins dans un quelconque "inconscient collectif"
que dans l'acte mille et mille fois réitéré
qui consiste à faire sacrifice de sa position
pour qu'en retour la sphère intime (i. e. Dieu,
famille, société
) fasse don de sa
conjonction sous forme de tendresse et de sécurité.
C'est là, nous semble-t-il, la véritable
origine de l'universalité de l'offrande sacrificielle.
Mais aussi du "syndrome hypersocial 28"
du mystique de Durand, de sa "viscosité
euphémisante", de son attachement à
l'aspect " coloré et intime des choses 29 "
(cf. la troisième structure mystique susmentionnée).
C'est en raison de la profusion de ce " troc "
relationnel implicite que tout organisme social impose,
à des degrés près, à ses
membres : "Si tu te soumets, si tu renonces à
ta propre position, alors en échange de ton acte
d'allégeance je (Dieu, famille, establishment
)
t'accorderais mes bienfaits, sinon
", qu'à
force certains individus finissent tout naturellement
par faire preuve d'une extrême "minutie"
et "méticulosité 30"
- il va sans dire que des facteurs génétiques
peuvent soit atténuer soit au contraire aggraver
le processus.
Un rapport de similarité unit l'abeille et le
python : ils ont tous deux "le corps pareillement
marqué". Et ce détail suffit pour
que le Nuer d'Afrique, qui a le python pour totem, s'abstienne
"de tuer les abeilles et de manger leur miel 31".
Pourquoi ? Si ce n'est pour éviter de déroger
ne serait-ce que d'un cheveux à la règle
des Anciens : Tu ne porteras pas atteinte à ton
totem le python. La Bible dit : Tu ne feras pas cuire
un chevreau dans le lait de sa mère 32.
Et cet interdit suffit pour que le juif pieux, afin
d'éviter d'enfreindre ne fût-ce qu'un iota
de la parole "divine", en vienne non seulement
à s'abstenir de mélanger le lait et la
viande, mais encore à pousser le tabou jusqu'à
subdiviser en deux classes rigoureusement différenciées
(une "classe lait" et une "classe viande")
les placards de sa cuisine, les étagères
de son réfrigérateur, les éviers,
les casseroles, les couverts, les éponges, les
torchons, les assiettes, les verres, les serviettes
de table, les nappes...
La "minutie" du mystique semble donc procéder
d'une "logique d'inclusion", c'est-à-dire
d'une logique régie par une hiérarchisation
stricte de l'univers, où la règle prend
le pas sur la réalité, où l'individu
n'est qu'un maillon d'une chaîne qui le dépasse
et l'englobe totalement. D'où, très certainement,
la fréquence des "fantasmes d'emboîtement"
que rencontre Durand chez le mystique 33.
Notons avant de conclure cette partie, qu'un mystique,
au sens où Gilbert Durand l'entend, peut parfaitement
développer, comme c'est le cas du dévot,
du militant ou du soldat, une soumission totale vis-à-vis
de son groupe d'appartenance (relation complémentaire),
et dans le même temps nourrir un mépris
et un complexe de supériorité envers le
clan adverse (relation symétrique). L'existence
d'un tel phénomène suffit, nous semble-t-il,
à relativiser, une fois de plus, la classification
durandienne des images.
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12 Ibid.,
pp. 310-312. Afin d'étayer notre démonstration,
nous nous sommes permis de présenter ces quatre
structures dans un ordre différend que celui choisi
par l'auteur.
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13 Ibid.,
pp. 308-310.
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14 Ibid.,
pp. 313-315.
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15 Ibid.,
pp. 315-319.
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16 R.
Otto, Le sacré, l'élément non-rationnel
dans l'idée du divin et sa relation avec le rationnel,
Paris, Payot, 1929, p. 30. |
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17 Cf.
D. Lecourt, L'Amérique entre la Bible et Darwin,
Paris, PUF, 1992, p. 27 Sq.
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18 Cité
par Durand in Les structures anthropologiques
,
op. cit. p. 38. |
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19 D.
Lecourt, L'Amérique entre la Bible et Darwin,
op. cit., p. 36. |
20 J.-C.
Whitcomb, Origines, Château de St-Albain,
Clé, 1989, pp. 157-159. |
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21 G.
Durand, Les structures anthropologiques
,
op. cit., p. 317. |
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22 Ibid.,
p. 503. |
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23 Ibid.,
p. 317. |
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24 M.
Eliade, Images et symboles, Paris, Gallimard, 1952,
pp. 124-130. |
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25 Cf.
notre ouvrage A. Assaraf, L'hérétique,
Paris, Balland, 1991, p. 48. |
26
Cf. A. Dabezies, Le mythe de Faust, Paris, A. Colin,
1972. |
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27 G.
Durand, Les structures
, op. cit.,
p. 356. |
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28 Ibid.,
p. 311. |
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29 Ibid.,
pp. 319-320. |
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30 Ibid.,
p. 316. |
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31 C.
Levi-Strauss, La pensée sauvage, Paris,
Plon, 1962, p. 74. |
32 Cf.
Exode XXIII 19, XXXIV 26 ainsi que Deutéronome
XIV 21. |
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33 G.
Durand, Les structures
, op. cit.,
p. 238. |
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